Ah on aime ça les principes, les dictons philosophiques, les valeurs auxquelles on s'accroche côute que côute, parce que c'est ça la vie c'est ce chemin unique, truffé d'obstacles et de complications, mais on avance et on ne s'arrête pas,face à l'adversité, face à cet inconnu qui finalement ne change jamais, il paraît qu'un jour on sera fier, d'avoir marché tout droit, d'avoir marché au pas. Fier d'être resté dans les rails, sans jamais déraper, parce qu'il paraît qu'il faut souffrir, qu'il faut subir pour être quelqu'un, pour exister. Alors les souffrances quand on les a pas on les fabrique ou on les imagine, plus on en a plus on est fort il parait. On plonge tête baissée et l'air de rien, dans un gouffre auto fabriqué, on cherche partout un petit coin d'enfer, le petit détail qui fera de nous des malheureux. On passe à travers toutes les opportunités qui nous tendent la main, parce qu'on les trouve jamais assez belles, on se concentre sur celles que l'on aura pas, on aime l'impossible. Plutôt que le rêve on regarde l'utopie, droit dans les yeux, c'est tellement mieux tiens, quelque chose qui donne à notre vie un semblant d'insinifiance, artificielle certes, mais insinifiance quand même. En refusant le rêve, reste l'alternative du temps, une bonne escuse le temps. Il peut nous faire dire qu'en ignorant le rêve on garde la spontanéité du bonheur, l'illusion du futur qui fera les choses en grand, qui déversera sur nous toutes les joies que l'on a préféré subir. Parce que les joies nous entourent, on développe notre "capital expérience" en passant a côté, sans même prendre le temps de les réaliser, pas le temps de profiter de l'allégresse perpetuelle, l'essentiel c'est le paradis qu'on a vécu ou celui qui suit. Alors plus rien n'a d'importance, dépourvu de la notion de la vie,de la chance, du temps, et des envies. Et lorsque que l'on s'est assez auto-persuadé que le malheur du monde pesait sur nos épaules, il est temps de se plaindre, de le répéter sans cesse jusqu'a ce que tout le monde se mette à le croire, jusqu'à ce qu'on en soit sur, jusqu'à même que l'on se fasse une sorte de raison à l'imagination. Et alors reste l'art de courrir après quelque chose qui pourtant s'acharne à nous poursuivre. On fait appel a l'espoir qui peut être nous donnera cette vie que l'on refuse de voir, ou d'admettre. On se nourrit du drâme, on entretient le malheur le sien ou celui des autres, qui sait peut-être qu'il fera de nous les héros d'un instant. Et lorsque tout va bien on cherche encore, de quoi parlerait t'on si tout allait toujours bien? Le pessimisme de toute une génération d'éternels insatisfaits est entre nos mains, le mécontentement, ça s'apprend c'est même contagieux. Pourtant, parfois on se rend compte de notre ridicule, face a certaine comparaisons dévastatrices, mais rien n'y fait il reste toujours cet imperturbable "quand même". On ne croit plus au bonheur que l'on s'est donné tant de mal a dévier. A celui qui fera le plus abstraction au bonheur, celui qui sera le plus raisonnable, le plus fort le plus respectable? Peut-être qu'un jour on comprendra que le bonheur est futile et éphémére, qu'il est capricieux et qu'il s'entretient, peut-être qu'un jour on l'acceptera comme il est, comme il vient. Encore faudrait-il accepter de la vie, et des autres de s'affirmer tel qu'ils sont. Un jour peut-être, on choisira la vie plutot que la fiérté.